Le col de Gleize est l’un de ces passages alpins qui semblent modestes sur une carte, mais qui deviennent vite très intéressants dès qu’on s’y attarde. Entre Gap, le plateau de Bayard et les premières pentes du Dévoluy, il sert à la fois de belvédère, de point de départ pour marcher et de montée sérieuse pour les cyclistes. Ici, je vous donne l’essentiel pour comprendre le lieu, choisir le bon itinéraire et éviter les erreurs classiques selon la saison.
Les repères utiles avant de partir
- Le site se situe dans les Hautes-Alpes, près de Gap, autour de 1 690 m d’altitude.
- Son intérêt principal tient au panorama, aux randonnées et à la montée à vélo.
- L’accès routier est court, mais raide et sinueux, donc il faut anticiper la conduite et le stationnement.
- La boucle vers le pic de Gleize est la sortie la plus classique pour une demi-journée de marche.
- En hiver, la route n’offre pas les mêmes facilités qu’en belle saison.
Pourquoi ce col attire autant les marcheurs et les cyclistes
Ce qui me plaît ici, c’est le contraste entre l’accès relativement simple et l’ambiance de vraie montagne dès qu’on arrive en haut. On est sur une charnière entre le bassin de Gap, le Champsaur et les reliefs du Dévoluy, avec des vues qui s’ouvrent très vite sur les crêtes, les forêts et les vallons. Ce n’est pas un grand col de transit, c’est un col de destination.
Autrement dit, on ne vient pas seulement pour passer, mais pour faire quelque chose du lieu: marcher, pédaler, pique-niquer, prendre de l’altitude ou démarrer une boucle plus longue. C’est aussi ce qui explique son attrait chez les locaux comme chez les visiteurs. La suite logique, c’est donc de voir comment y accéder sans improviser.
L’accès en voiture demande un minimum d’anticipation
Depuis Gap, il faut rejoindre le col Bayard puis emprunter la petite route qui grimpe vers le col. Elle est courte, mais étroite, sinueuse et nettement pentue, avec des passages où l’on sent vite que la montagne ne fait pas de cadeau. En été, on peut généralement se garer au col, mais les places restent limitées et l’affluence du week-end change tout.
Je conseille de retenir trois choses simples:
- partir tôt si vous venez un jour de beau temps,
- prévoir une conduite prudente à la descente, surtout si la route est humide,
- ne pas compter sur un accès facile en hiver, car la neige et les barrières peuvent bloquer plus bas.
Le bon réflexe, c’est d’arriver avec un plan B, car ce petit col est agréable seulement si on l’aborde comme un site de montagne, pas comme une simple route de campagne. Une fois garé, le vrai choix commence: marcher, rouler ou combiner les deux.

Les randonnées qui valent vraiment le déplacement
Le secteur est intéressant parce qu’il permet des sorties très différentes sans changer de point de départ. Les chiffres ci-dessous restent des ordres de grandeur, car ils varient selon la trace exacte, le départ choisi et les petites variantes sur le terrain. Pour un lecteur qui hésite entre balade et vraie randonnée, voici les options les plus utiles.
| Itinéraire | Distance / dénivelé | Durée | Niveau | Intérêt principal |
|---|---|---|---|---|
| Boucle courte vers le pic de Gleize | Environ 5,5 à 6 km, +430 à +460 m | 2 h à 2 h 30 | Modéré | Le meilleur compromis entre effort raisonnable et panorama ample |
| Grande boucle par Chaudun | Environ 8,5 à 9 km, +600 m environ | 3 h 45 à 4 h 30 | Modéré à soutenu | Une sortie plus complète, avec un vrai changement d’ambiance |
| Crête vers le col de Guizière | Environ 8,5 km, +470 m environ | 3 h 30 à 4 h | Soutenu | Des vues plus aériennes et une sensation de montagne plus marquée |
Si vous venez en famille ou si vous voulez une sortie assez courte, je retiens surtout la boucle vers le pic: elle donne beaucoup sans exiger une journée entière. Si vous cherchez quelque chose de plus narratif, avec un côté presque patrimonial, Chaudun apporte de la profondeur au parcours. Et si vous aimez les lignes de crête, le versant de Guizière est le plus intéressant. C’est justement cette variété qui fait la force du site, y compris pour les cyclistes.
Pourquoi les cyclistes y trouvent une montée intéressante
À vélo, la montée est courte, mais elle n’a rien d’anodin. Depuis le secteur de Bayard, la pente s’installe rapidement et garde un caractère régulier, avec des pourcentages qui flirtent souvent avec les 9 à 10 % sur certains passages. Je la classerais dans les ascensions franches, pas dans les montées d’endurance interminables. On monte vite, on souffle vite, et c’est justement ce qui en fait le charme.
Ce type de profil plaît à trois profils très différents:
- les cyclistes de route qui cherchent une montée dense sans y passer la journée,
- les pratiquants de gravel ou de VTT qui aiment varier les terrains,
- les visiteurs qui veulent simplement tester leurs jambes sur une vraie rampe alpine.
Je recommande toutefois de ne pas sous-estimer la chaleur en plein été ni la descente, qui demande davantage d’attention que l’aller. Sur ce genre de route, le plaisir vient autant de la gestion de l’effort que du sommet lui-même. Et comme en montagne tout dépend aussi du calendrier, la saison mérite un vrai tri.
La bonne saison et les réflexes qui évitent les mauvaises surprises
Pour profiter du site dans de bonnes conditions, la période la plus confortable reste clairement la fin du printemps, l’été et le début de l’automne. Les chemins sont plus lisibles, les vues plus dégagées et les liaisons plus simples. En revanche, l’hiver change complètement la donne: la route n’est pas un accès banal, la neige peut arriver tôt et la circulation devient vite plus incertaine.
Je vois trois différences très concrètes selon la saison:
- en été, le problème principal est l’exposition au soleil et au vent, donc il faut de l’eau et une couche légère;
- aux intersaisons, le terrain peut être plus humide ou plus irrégulier, ce qui allonge les temps de marche;
- en hiver, il ne faut pas compter sur un départ confortable depuis le haut, car l’accès peut être limité bien avant le col.
Le site a aussi un caractère assez contrasté selon l’orientation: le versant est est plus ouvert et plus exposé, tandis que le côté ouest se montre plus abrité et plus boisé. Pour un pique-nique ou une pause longue, ce détail change vraiment l’expérience. C’est aussi ce qui explique l’intérêt du secteur de Chaudun, plus sauvage et plus narratif.
Ce que le versant de Chaudun change dans la sortie
Le plus intéressant, ici, ce n’est pas seulement le sommet ou le point de vue. C’est l’arrière-plan humain et paysager que l’on traverse en allant vers Chaudun. L’ancien village abandonné, les passages en corniche et les liaisons forestières donnent une autre épaisseur à la sortie. On passe d’un simple col à une randonnée qui raconte quelque chose du territoire.
Je trouve que c’est la bonne option quand on veut sortir du format “aller-retour rapide”. Chaudun ajoute du relief, du silence et une impression d’isolement beaucoup plus marquée. Si vous avez peu de temps, restez sur une boucle courte; si vous voulez une sortie mémorable, ce versant mérite l’effort supplémentaire. Avec ces repères, il reste à préparer la sortie proprement.
Ce que j’emporterais pour une sortie réussie dans le secteur
Autour du col de Gleize, la réussite tient moins à la difficulté technique qu’à la préparation. J’emporterais toujours de l’eau en quantité suffisante, un coupe-vent, de bonnes chaussures et une trace GPS ou une carte, surtout si je prolonge la balade vers Chaudun ou les crêtes. Pour un cycliste, j’ajouterais une vraie marge dans les braquets et de quoi gérer la descente sans stress.
- Chaussures avec une bonne accroche, même pour une sortie jugée facile.
- Veste légère contre le vent, utile même en plein été.
- Protection solaire, car l’exposition est réelle sur les parties ouvertes.
- Encas ou réserve d’eau si vous visez une boucle plus longue.
Si je devais résumer l’esprit du lieu en une phrase, je dirais que c’est un accès rapide à la montagne, mais pas une montagne simplifiée. On y gagne beaucoup à condition de choisir le bon itinéraire, le bon créneau et le bon niveau d’ambition. C’est précisément ce qui rend la sortie intéressante, et ce qui fait revenir dans ce coin des Hautes-Alpes.