Entre le mont Granier et le Pinet, l’Alpette sert de porte d’entrée à un secteur très lisible de la Chartreuse, avec un vrai caractère de montagne sans être une traversée interminable. J’y vois surtout une sortie utile pour comprendre le massif: où l’on monte, ce que l’on peut enchaîner ensuite, et jusqu’où aller sans se mettre dans une difficulté inutile. Cet article vous donne les repères concrets, l’accès depuis La Plagne, les variantes de randonnée, les règles à respecter dans la réserve et les bons réflexes pour partir au bon moment.
Ce qu’il faut retenir avant de partir en Chartreuse
- Le passage se situe dans le massif de la Chartreuse, au-dessus d’Entremont-le-Vieux, entre le Granier et le Pinet.
- Le départ classique se fait depuis le hameau de La Plagne, avec une montée d’environ 1 heure jusqu’au point de passage.
- Le secteur est raide, mais la sortie reste courte si vous vous limitez au col.
- La réserve naturelle impose des règles strictes: chiens interdits et bivouac sous tente interdit en été.
- La meilleure fenêtre se situe du printemps au début de l’automne, hors neige et hors terrain glissant.
- Pour une vraie journée montagne, on peut poursuivre vers le Pas des Barres et le mont Granier, mais la difficulté change nettement de niveau.

Où se situe ce passage et pourquoi il compte
Je préfère présenter l’Alpette comme un seuil de montagne plus qu’un simple point sur une carte. Selon les fiches de randonnée, le repère se situe autour de 1 530 à 1 547 m d’altitude, dans la Chartreuse, sur l’axe qui relie le hameau de La Plagne au cœur de la Réserve naturelle des Hauts de Chartreuse. Ce léger écart d’altitude n’a rien d’anormal: on parle ici d’un petit secteur de passage, pas d’un sommet isolé au mètre près.
Son intérêt est simple: c’est un lieu de bascule. En dessous, on est encore dans une montée forestière assez classique; au-dessus, on entre dans un univers de lapiaz, de pentes d’alpage et de vues ouvertes sur le mont Granier, le Pinet et le mont Outheran. C’est aussi pour cela que le site sert de repère à plusieurs itinéraires, de la balade sportive à la randonnée plus engagée. Une fois ce cadre posé, la vraie question devient très concrète: comment y monter proprement sans sous-estimer le terrain.
Comment rejoindre l’Alpette depuis La Plagne
Le départ le plus logique se fait au hameau de La Plagne, sur la commune d’Entremont-le-Vieux. Chartreuse Tourisme indique de se garer au parking de La Plagne puis de suivre le GR9; la montée jusqu’au passage prend environ 1 heure à la montée, avec un chemin franchement raide sur certains tronçons.
- Garez-vous au parking de La Plagne et repérez le départ du GR9.
- Suivez les balises jaunes et le large chemin forestier jusqu’au secteur du Bouchet.
- Poursuivez sur le sentier plus pentu qui mène au col.
Ce qui surprend souvent, ce n’est pas la distance mais la pente. La montée est courte, mais elle se fait sans grande pause de récupération: si vous partez trop vite, vous le payez au retour. Je recommande de garder une allure régulière, surtout par temps chaud. Et si vous venez avec une carte, la référence IGN 3333 OT reste un bon filet de sécurité, même si le balisage est globalement clair.
Une fois ce départ compris, il faut choisir le bon format de sortie selon votre niveau et le temps que vous voulez y consacrer.
Quelle randonnée choisir selon votre niveau
Le plus utile, ici, n’est pas de chercher une “meilleure” randonnée universelle, mais la variante qui correspond vraiment à votre journée. Le col peut être une destination en soi, ou un point de passage vers quelque chose de plus ambitieux.
| Option | Durée indicative | Dénivelé | Pour qui | Point de vigilance |
|---|---|---|---|---|
| Aller-retour jusqu’au passage | Environ 2 h 20 | Environ +448 m | Randonneurs réguliers qui veulent une sortie courte et panoramique | La pente est soutenue du début à la fin |
| Mont Granier par le Pas des Barres et la Balme à Colon | Environ 5 h 30 | Environ +943 m | Marcheurs expérimentés, à l’aise sur terrain exposé | Passages équipés de câbles et barres, ambiance plus engagée |
Si vous venez pour la première fois, je conseille franchement la version courte jusqu’au passage. Vous aurez déjà l’essentiel du décor, sans vous imposer une longue descente fatiguée. En revanche, si vous cherchez une vraie journée de montagne et que la météo est stable, la suite vers le Granier a du sens. La différence, ici, n’est pas cosmétique: on change de registre.
Cette logique de progression permet aussi de mieux lire ce qu’on voit sur place, ce qui est souvent la partie la plus agréable de la sortie.
Ce que l’on voit sur place et ce qui rend l’endroit intéressant
Le site vaut d’abord pour ses points de vue. Depuis l’Alpette, on lit très bien les reliefs de la Chartreuse: le mont Outheran, le Pinet et, selon l’angle et la lumière, la grande masse du mont Granier. Par beau temps, les panoramas s’ouvrent largement et le Mont-Blanc peut apparaître en arrière-plan depuis certains secteurs de l’itinéraire.
Le second intérêt est plus discret, mais je le trouve essentiel: on traverse un espace où l’histoire pastorale reste visible. Les alpages, les traces de troupeaux, les clairières et la limite nette entre forêt et falaise donnent au lieu une identité très claire. On n’est pas sur une randonnée “carte postale” déconnectée du terrain; on est dans un vrai milieu montagnard, encore marqué par les usages et par la géologie.
Enfin, la faune fait partie de l’expérience. Si vous marchez tôt et calmement, vous avez de bonnes chances de croiser des indices de vie sauvage, voire d’apercevoir bouquetins, chamois ou marmottes sur les secteurs ouverts. Le bon réflexe est simple: rester discret, lever les yeux, et accepter de ralentir un peu. C’est souvent là que la sortie prend de la valeur. Une fois ce décor en tête, il faut quand même rappeler les règles du secteur, car le lieu n’est pas un espace de liberté totale.
Les règles à respecter dans la réserve naturelle
Le passage se trouve dans ou à proximité immédiate de la Réserve naturelle des Hauts de Chartreuse, et c’est un point que je ne banalise jamais. D’après le Parc naturel régional de Chartreuse, certaines pratiques y sont encadrées pour protéger à la fois la faune, les milieux ouverts et la sécurité des marcheurs.
- Les chiens sont interdits dans la réserve naturelle.
- Le bivouac sous tente est interdit du 1er juillet au 31 août sur le périmètre concerné.
- Il faut rester sur les sentiers balisés et éviter les bordures de falaise non autorisées.
- Certains accès peuvent être temporairement perturbés par des travaux forestiers, la neige ou des conditions météo défavorables.
Je suis aussi prudent avec le terrain lui-même. Les passages vers le mont Granier sont plus techniques qu’ils n’en ont l’air depuis la carte: on trouve des barres rocheuses, des mains courantes et des portions vertigineuses. Ce n’est pas une critique du parcours, c’est une réalité de montagne. Si vous êtes sujet au vertige, mieux vaut vous arrêter au passage et ne pas transformer une belle sortie en mauvaise expérience.
Reste alors la dernière question utile: quand partir et que mettre dans le sac pour que tout se passe bien.
Quand y aller et quoi emporter pour une sortie sereine
La fenêtre la plus confortable va du printemps au début de l’automne, hors enneigement et hors terrain détrempé. Le secteur peut devenir pénible très vite quand le sol est gras, glissant ou chargé de neige résiduelle. Sur ce type de pente, la saison change vraiment la randonnée: en conditions sèches, on avance; en conditions humides, on subit.
Pour l’équipement, je garde une base simple mais non négociable:
- chaussures de randonnée avec vraie accroche;
- au moins 1,5 litre d’eau par personne pour une sortie courte;
- veste coupe-vent ou imperméable légère;
- carte papier ou trace GPS;
- bâtons de marche si vous aimez soulager les genoux à la descente.
Je pars aussi plus tôt que prévu quand je vise le secteur. La montée est courte, mais la descente sur pente raide fatigue plus qu’on ne l’imagine, surtout en fin de journée. Si vous ajoutez une variante vers le Granier, partez avec une marge réelle, pas avec une estimation optimiste. C’est le genre de randonnée où le temps “théorique” ne dit pas tout.
En pratique, si vous avez une demi-journée, le col suffit largement pour une belle sortie. Si vous avez une journée complète et un bon niveau, la continuité vers le Pas des Barres et le mont Granier donne une vraie dimension alpine. Et si la météo hésite, je préfère remettre le projet à plus tard: sur ce terrain, la prudence ne gâche pas la sortie, elle la rend simplement meilleure au moment où vous la ferez, vers le col de l’Alpette.