L’Aiguillette des Posettes est l’une de ces sorties de la vallée de Chamonix qui paraissent modestes sur une carte et marquent pourtant les jambes dès la première montée. Je la trouve intéressante parce qu’elle combine un vrai dénivelé, une crête aérienne et un panorama très lisible sur le massif du Mont-Blanc, sans basculer dans l’alpinisme. Ici, je détaille le terrain, le meilleur point de départ, les variantes selon la saison et ce qu’il faut vérifier avant de partir.
L’essentiel à retenir avant de monter
- Le sommet culmine à 2 201 m, entre le vallon du Tour et Vallorcine.
- Depuis Le Tour, comptez 7 km aller-retour, 721 m de dénivelé positif et environ 4 h 15.
- Le parcours est classé difficile : il reste accessible aux marcheurs réguliers, mais il ne faut pas le sous-estimer.
- La récompense, c’est une vue large sur le massif du Mont-Blanc, le glacier du Tour, le Buet et Les Perrons.
- En hiver, une variante raquettes existe depuis la télécabine de Vallorcine, avec une sortie bien plus courte.
Où se situe la crête des Posettes et ce qu’on vient y chercher
L’Aiguillette des Posettes se trouve dans le massif du Mont-Blanc, au-dessus du secteur du Tour, à la charnière entre les vallées de Chamonix et de Vallorcine. Ce n’est pas un sommet “d’objectif” au sens alpin du terme, mais plutôt un belvédère de crête : on y monte pour lire le paysage, sentir l’altitude et prendre la mesure de la vallée. Je trouve que c’est précisément ce qui fait son intérêt, car l’effort est réel sans devenir technique.
Le terrain change vite au fil de la montée. On part dans un décor de départ de vallée, on traverse ensuite des secteurs plus forestiers puis des alpages, avant de déboucher sur une arête nettement plus ouverte. Le parcours s’inscrit aussi dans l’esprit du Tour du Mont-Blanc, c’est-à-dire ce grand itinéraire de randonnée qui fait le tour du massif et relie plusieurs vallées alpines. Si vous aimez les sorties qui ont une vraie personnalité, celle-ci coche beaucoup de cases. Et quand l’arête apparaît, la suite devient beaucoup plus concrète.
| Repère | Ce qu’il faut retenir |
|---|---|
| Altitude | 2 201 m |
| Terrain | sentier de montagne, puis arête finale exposée au vent |
| Ambiance | forêt au départ, alpages ensuite, panorama ouvert sur la fin |
| Public | marcheurs déjà à l’aise avec un dénivelé soutenu |

Le panorama qui explique sa réputation
Je serais honnête : si cette sortie est autant recommandée, c’est d’abord pour la vue. Depuis le sommet et les portions de crête, le regard porte largement sur la chaîne du Mont-Blanc, avec le glacier du Tour en premier plan, mais aussi sur Vallorcine, le Buet et Les Perrons. Par beau temps, on a vraiment cette sensation de balcon naturel sur tout le nord de la vallée.
Le point fort n’est pas seulement l’ampleur du panorama, c’est sa lisibilité. On distingue très bien les reliefs, les vallons, les ruptures de pente et les grandes lignes du massif. C’est une sortie que je conseille volontiers à ceux qui aiment revenir avec des images nettes en tête, pas seulement avec une trace GPS. Les jours de lumière claire, l’expérience change beaucoup: le relief ressort, les sommets se détachent, et la crête prend un relief presque graphique.
- Le glacier du Tour donne une profondeur spectaculaire à la vue côté nord.
- Le Buet et Les Perrons structurent très bien l’horizon côté Vallorcine.
- La chaîne du Mont-Blanc reste le grand décor dominant, surtout par temps dégagé.
- Les vallées de Chamonix et de Vallorcine se lisent d’un seul coup d’œil, ce qui rend la sortie très pédagogique pour comprendre le secteur.
La seule vraie limite, c’est la météo. Si les nuages accrochent la crête ou si le vent forcit, le panorama perd vite son intérêt, et la sortie devient nettement moins confortable. C’est pour cela que je regarde toujours le ciel avant d’organiser la montée, ce qui amène logiquement à parler du sentier lui-même.
Le sentier classique depuis Le Tour
Le tracé le plus classique part du village du Tour, près du pont sur l’Arve en rive droite. Le départ n’a rien de spectaculaire, mais il est bien logique: on attaque face à la pente, puis le sentier se divise rapidement. La branche de droite traverse une petite forêt qui s’éclaircit vite, avant de remonter au-dessus de la Tête de la Jorette par une série de lacets. C’est une montée franche, régulière, et je la trouve plus saine qu’un faux plat interminable.
Ensuite, le sentier rejoint le croisement de la Pierre-Fendue, à 1 950 m. On prend à droite, on longe des paravalanches puis les anciennes ardoisières, et l’arête finale mène au sommet. Cette dernière partie mérite de l’attention: elle n’est pas “dangereuse” au sens alpin du terme, mais elle peut sembler plus rude quand on commence à fatiguer, surtout si le terrain est sec, cassant ou encore humide au printemps.
| Donnée | Valeur |
|---|---|
| Départ | Le Tour, 1 480 m |
| Distance | 7 km aller-retour |
| Dénivelé positif | 721 m |
| Temps moyen | 4 h 15 aller-retour |
| Difficulté | Difficile |
| Ouverture indicative | du 1er juin au 31 octobre, sous réserve de neige et de météo favorables |
| Accès | bus jusqu’au Tour, train jusqu’à Montroc, parking du Tour à proximité |
- Depuis le Tour, suivez le sentier principal face à la pente.
- Restez à droite à la première séparation pour entrer dans la petite forêt.
- Enchaînez les lacets jusqu’au croisement de la Pierre-Fendue.
- Prenez à droite et passez les secteurs de paravalanches puis les anciennes ardoisières.
- Terminez par l’arête jusqu’au sommet.
Mon conseil simple: partez tôt. Sur cette sortie, la fatigue se paie surtout à la descente, quand les appuis deviennent moins précis et que les genoux commencent à sentir les 721 mètres de désnivelé. Si vous aimez les randonnées qui restent lisibles de bout en bout, celle-ci est un bon choix; si vous cherchez une balade tranquille, il vaut mieux viser plus bas dans la vallée. Et justement, le bon itinéraire dépend beaucoup de la saison.
Quelle variante choisir selon la saison
La bonne option dépend surtout du calendrier et de votre niveau. En été, le parcours complet depuis Le Tour raconte mieux la montagne; en hiver, on passe sur une logique raquettes beaucoup plus courte depuis la télécabine de Vallorcine. Si vous partez en 2026 et comptez sur la remontée mécanique, je vérifierais les fenêtres d’ouverture du jour, car elles sont fractionnées en haute saison.
| Variante | Intérêt | Limites | Pour qui |
|---|---|---|---|
| Été depuis Le Tour | parcours complet, lecture claire du relief, effort satisfaisant | montée longue, dénivelé important, terrain plus rude en fin de parcours | marcheurs réguliers qui veulent une vraie sortie de montagne |
| Hiver en raquettes depuis Vallorcine | sortie courte, vue rapide, ambiance neige | à faire seulement si les conditions sont bonnes et l’itinéraire bien ouvert | randonneurs équipés qui veulent un format bref et panoramique |
| Accès par la télécabine de Vallorcine | monte rapidement en altitude et réduit l’approche | dépend des horaires et du calendrier d’ouverture | ceux qui veulent limiter la montée à pied |
La télécabine de Vallorcine monte jusqu’à 2 270 m d’altitude et affiche, selon les tarifs communiqués, 25 € l’aller-retour adulte, 21,30 € l’aller-retour enfant et 77,60 € le forfait famille. En hiver, un itinéraire raquettes depuis le sommet permet de rejoindre l’Aiguillette des Posettes en 1 h 30 aller-retour, avec un dénivelé de 300 m et des jalons fuchsia pour suivre le tracé. Je trouve cette option intéressante si l’on veut une sortie plus courte, mais elle n’a évidemment pas la même ampleur que la montée complète depuis Le Tour.
Le choix est donc assez simple: plus vous voulez de randonnée “pure”, plus vous partez bas; plus vous cherchez une expérience courte et panoramique, plus la remontée mécanique a du sens. La suite consiste surtout à bien préparer la sortie pour ne pas gâcher le plaisir sur un détail évitable.
Bien préparer la sortie pour qu’elle reste agréable
Sur ce type de randonnée, ce qui fait la différence n’est pas l’équipement ultra-technique, mais les bons réflexes de base. Je recommande des chaussures à semelle vraiment accrocheuse, au moins 1,5 litre d’eau par personne en été, une couche coupe-vent et de quoi se protéger du soleil. À 2 200 m, l’exposition change vite, et on peut prendre froid même après une montée soutenue si le vent se lève sur la crête.
Je ne partirais pas sans vérifier trois points: la tenue du sentier, la météo d’altitude et l’état des névés en début de saison. C’est un secteur où un printemps tardif peut ralentir la progression, surtout sur les pentes ombragées et la partie finale. Les bâtons de marche ne sont pas indispensables, mais ils deviennent franchement utiles à la descente si vous avez les genoux sensibles ou si le terrain est meuble.
- Départ tôt pour profiter d’un terrain plus frais et d’une lumière plus nette.
- Chaussures robustes plutôt que baskets souples.
- Coupe-vent obligatoire dès que la crête s’ouvre.
- Crème solaire et lunettes, car l’altitude et la réverbération surprennent vite.
- Vitesse régulière plutôt qu’un départ trop rapide: c’est ce qui évite l’explosion sur la partie finale.
Le piège le plus courant, à mon sens, c’est de penser en distance et pas en effort. Sept kilomètres aller-retour peuvent sembler raisonnables, mais 721 mètres de montée continue changent complètement la donne. Si vous cherchez une randonnée agréable et pas un test d’endurance, il faut partir avec cette réalité en tête; sinon, la frustration arrive souvent au moment de l’arête, quand l’envie de profiter du paysage commence justement à monter.
Les vérifications de veille qui changent vraiment l’expérience
La veille du départ, je regarde toujours l’état du ciel en altitude, la force du vent et l’ensoleillement prévu sur la crête. Ce sont des détails simples, mais ils font la différence entre une belle journée de montagne et une sortie juste “passée”. Sur une ligne de crête comme celle-ci, un vent soutenu peut enlever beaucoup de plaisir, et une visibilité moyenne suffit à transformer le sommet en simple exercice de marche.
Je vérifie aussi l’accès pratique: parking du Tour, bus, correspondance train jusqu’à Montroc, et, si je compte réduire la marche, les horaires exacts de la télécabine de Vallorcine. En 2026, ces fenêtres d’ouverture sont découpées, donc il ne faut pas improviser sur place. Enfin, si la sortie doit devenir un moment photo, je privilégie soit le matin pour la netteté de l’air, soit une fin de journée assez large pour ne pas me presser sur le retour.
- Regarder si le sentier est encore encombré par la neige ou des plaques dures.
- Vérifier le vent au sommet, pas seulement la météo en vallée.
- Prévoir une marge d’au moins 30 à 45 minutes sur le temps annoncé.
- Choisir la bonne fenêtre d’ouverture si vous utilisez la télécabine de Vallorcine.
- Accepter de renoncer à l’arête si les conditions deviennent franchement mauvaises.
Au fond, l’Aiguillette des Posettes est une très bonne porte d’entrée vers la montagne chamoniarde: assez exigeante pour donner le sentiment d’avoir vraiment marché, assez claire pour ne pas se perdre dans un itinéraire confus, et assez belle pour justifier une journée à part. Si je ne devais retenir qu’une chose, ce serait celle-ci: partez tôt, gardez un œil sur l’état du sentier et montez pour la vue autant que pour le sommet.